Souffrir d'un trouble anxieux : les 12 auto-portraits qui expliquent tout.

Souffrir d’un trouble anxieux : les 12 auto-portraits qui expliquent tout.

Toute sa vie, la photographe Katie Joy Crawford a lutté contre ses troubles anxieux, et c’est bien pour cela qu’elle est la personne idéale pour produire cette série de photos poignantes, qui nous décrivent ce que cela fait de vivre avec ce fardeau.

Pour décrire son projet, intitulé « Coeur anxieux », elle explique que « l’anxiété annihile, chez les personnes qui en souffrent, tout désir de découverte, d’exploration d’idées nouvelles, ainsi que la possibilité de sortir de sa zone de confort. L’anxiété s’assure que vous serez toujours à ses côtés. Elle est toujours présente, que ce soit dans vos moments les plus heureux, ou dans la solitude de votre propre conscience. Elle est discrète mais constante, elle vous rappelle constamment vos échecs passés, et elle corrompt toujours vos objectifs futurs. »

Ce projet est très personnel pour Crawford : « Je tente de saisir sur pellicule l’essence véritable de l’anxiété, en me basant sur mes propres expériences et anecdotes. Grâce à cette aventure personnelle, j’ai réussi à mûrir, et j’ai compris que mettre mes peurs en images était devenu un acte thérapeutique, ainsi qu’un moyen pour autrui d’exprimer leur souffrance, et de commencer à faire un premier pas sur le chemin de la guérison. » (source: katiejoycrawford.com | Facebook | Instagram)

157 Captive de mon propre esprit. L’instigatrice de mes propres pensées. Plus j’y pense, et plus ça empire. Moins j’y pense, et plus ça empire. Respire. Contente-toi de respirer. Laisse-toi porter. Ça finira bien par se calmer.
225 Peu importe à quel point je résiste, c’est toujours là, prêt à m’envelopper dans son étreinte, à me recouvrir, à plonger avec moi. Chaque jour, je le combats « tu n’es pas bon pour moi, et tu ne le seras jamais ». Mais chaque jour, c’est de retour, au réveil, ou bien au moment de m’endormir. L’anxiété me coupe le souffle. Elle m’enlève les mots de la bouche.
316 On me rappelle constamment de respirer. Je peux sentir ma poitrine qui va et qui vient. Va, et vient. Va, et vient. Mais pourquoi ai-je alors l’impression de suffoquer ? Je passe ma main sous mon nez, pour m’assurer que l’air circule bien. Et pourtant, je ne parviens toujours pas à respirer.
416 Un verre d’eau n’est pas lourd. Vous n’y faites même pas attention, lorsque vous vous en servez un. Mais que se passerait-il si vous ne parveniez pas à le vider ou à le reposer ? Et si vous deviez supporter son poids pendant des jours, des mois, des années ? Le poids ne change pas, mais le fardeau, si. Arrive alors un moment où vous oubliez à quel point un verre d’eau a pu un jour être léger. Parfois, il vous faut réunir toute votre énergie pour faire comme si le verre n’était pas là. Et parfois, vous n’avez d’autre choix que de le laisser tomber.
516 J’avais peur de dormir. Je ressentais une panique absolue dans le noir intégral. Ou plutôt, non, le noir intégral n’était pas effrayant. C’était plutôt le peu de lumière qui filtrait qui était effrayant. La lumière, et l’ombre menaçante qu’elle projetait.
616 Se sentir engourdi. Quel oxymore ! Et pourtant, c’est tellement approprié. Mais peut-on vraiment se sentir engourdi ? Ou bien est-ce plutôt la capacité de ressentir quelque chose qui est engourdie ? Suis-je tellement habituée à me sentir engourdie que j’en viens à considérer cela comme une sensation ?
713 Ma tête se remplit d’hélium. Je perds ma concentration. La décision à prendre est pourtant tellement insignifiante. La question posée a pourtant une réponse tellement évidente. Mais mon esprit refuse de coopérer. C’est comme si tous les fils de mon cerveau s’emmêlaient soudain.811
Anxiété, tu as pourtant été créée pour moi, et par moi. Tu as été créée pour m’isoler. Tu as été créée par un phénomène virulent d’auto-défense. Tu n’es que mensonges et peur. Peur de promesses non tenues, et d’une confiance trop rare perdue à jamais. Toute ma vie, tu as lentement grandi. Tu es devenue de plus en plus forte.
911 Des blessures si profondes qu’elles ne cicatriseront jamais. Une douleur tellement réelle qu’elle en est insupportable. Voilà ce que je suis devenue : une blessure, une plaie ouverte. Et je ne connais plus que cette même douleur : la respiration courte, le regard vide, les mains tremblantes. Si c’est à ce point douloureux, pourquoi est-ce que je ne m’en débarrasse pas ? Peut-être… parce que c’est tout ce que je connais.
1010 J’ai peur de vivre et peur de mourir. Quelle manière formidable d’exister !
1114 La dépression, c’est lorsque l’on ne ressent plus rien. L’anxiété, c’est lorsque l’on ressent trop de choses. Souffrir des deux en même temps, c’est assister à une guerre permanente, livrée dans votre propre cerveau. Souffrir des deux en même temps, c’est être constamment dans le camp des perdants.
1212 C’est se sentir bizarre, au creux de son estomac. C’est comme lorsque vous nagez à la piscine, et que vous voulez poser vos pieds sur le fond, mais que vous réalisez soudain que vous n’avez pas pied. Vous ne parvenez pas à toucher le fond, et les battements de votre coeur s’interrompent brièvement.