Cette femme indienne traîne son agresseur sexuel par les cheveux jusqu’au poste de police, comme une pro.

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femme indienne viol fbsource: huffingtonpost

Imaginez-vous sur le quai d’une gare, une après-midi comme les autres. Vous êtes une jeune femme, vous étudiez à l’université locale, et vous êtes entourée d’inconnus. Un homme puant l’alcool s’approche de vous, et vous attrape par le bras.

Vous vivez dans un pays où un viol se produit 92 fois par jour : non seulement les victimes ont trop peur de se présenter aux autorités, mais en plus la police est en sous-effectif, et n’a pas le temps de tout gérer.

Donc plutôt que de venir vous aider, les passants vous regardent, sans intervenir.

Effrayant, n’est-ce pas ?

Et bien c’est ce qui est apparemment arrivé à Pradnya Mandhare lorsqu’un homme l’a agressée sur le quai d’une gare de Bombay, en Inde. Contrainte de se défendre seule, l’étudiante a (littéralement) pris les choses en main.

Selon news.com.au, vers 14h30, un homme a attrapé Mandhare et a tenté de la violer. Selon le site d’information, la cinquantaine de témoins “s’est contentée de rester immobile et de regarder” tandis que Mandhare se débattait.

Les gens, hommes comme femmes, se sont arrêtés pour regarder“, explique-t-elle. “Mais personne n’a pris la peine de demander ce qui se passait.”

Mandhare a donc continué à se débattre, le frappant avec son sac, puis l’attrapant par les cheveux, avant de le traîner jusqu’au poste de police le plus proche.

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Il essayait de me frapper, mais je n’avais pas de mal à le maîtriser, parce qu’il puait l’alcool, et je pouvais voir qu’il était ivre“, raconte la jeune femme de 20 ans à Mid-Day.

Mandhare a expliqué aux journalistes que de nombreuses femmes refusent de porter plainte contre leurs agresseurs ou leurs violeurs, mais qu’elle savait qu’elle ne pouvait pas laisser cet homme (un drogué de 25 ans, en photo ci-dessous) s’en sortir.

La police a déclaré que l’homme avait été arrêté.

femme indienne viol 2

Porter plainte prend beaucoup de temps“, explique Mandhare. “Il faut faire beaucoup de dépositions, et parfois, il faut faire face à des officiers de policiers peu coopératifs. Mais j’étais bien décidée à ce que cet homme finisse au poste.

Les parents de certaines femmes pensent que se rendre au commissariat porterait atteinte à la réputation de leur fille“, ajoute-t-elle.

Mais pas les parents de Mandhare. Elle a pris ce risque, et désormais, elle est une héroïne.

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Les agressions sexuelles sont un problème considérable en Inde. Selon India Today, 92 femmes en moyenne y sont violées chaque jour. Les agressions, les viols et même les viols en réunion se produisent de manière si fréquente à New Delhi que, selon le Washington Post, la ville a été surnommée “la capitale du viol” de ce pays. Le nombre de crimes sexuels est en constante progression en Inde, résultat d’un nombre réduit d’officiers de police (notamment féminins), et d’une culture ayant l’habitude de rendre les femmes responsables des crimes commis à leur égard (porter des vêtements provocants est ainsi considéré comme une incitation au viol).

Pire : l’effet “Spectateur” (lorsque les gens refusent d’être la première personne à intervenir dans une situation violente) est un problème récurrent en Inde, et c’est pour cela que Mandhare a dû se défendre seule contre son assaillant.

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Interrogé par le Times of India, le psychiatre Dr. Harish Shetty suggère que la communauté indienne s’est, d’une certaine manière, désensibilisée de ce sujet.

“Dès qu’il faut aider quelqu’un qui ne fait pas partie de sa famille ou de son cercle d’amis, alors plus personne n’intervient. S’interposer et faire des vagues, ça ne fait pas partie de la culture indienne“, explique Shetty.

Mais il faudrait pourtant que cela change, surtout en Inde.

Des mesures innovantes commencent tout juste à être prises pour protéger les femmes indiennes, à l’image de cette borne automatisée permettant aux femmes de porter plainte sans craindre de représailles. Reste que cela s’avère une mesure dérisoire face à l’ampleur du problème.

Plus vite les autorités indiennes (et les hommes) refuseront formellement de tolérer les viols et les violences faites aux femmes, et mieux le monde s’en portera.

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