Ce que vos amis souffrant d’un cancer voudraient que vous sachiez (mais n’osent pas vous dire).

Ce que vos amis cancereux voudraient fv2

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Les personnes souffrant d’un cancer sont censées être héroïques.

Nous combattons une maladie qui fait peur à tout le monde.

Nous sommes forts car nous subissons des traitements qui peuvent être plus difficiles à supporter que la maladie en elle-même.

Nous sommes courageux car les résultats de nos examens sont rarement agréables à entendre.

Mais en réalité, vivre avec un cancer est très différent de l’image que nous tentons d’en donner.

Notre combat n’est que la volonté de subir un traitement dont l’alternative craint franchement. Notre force ? Nous subissons la souffrance et la maladie, mais uniquement avec l’espoir de retrouver un peu plus tard la santé. Notre courage ? Nous nous résignons à accepter ce contre quoi nous ne pouvons rien faire, et nous développons une sorte de tolérance émotionnelle à notre état. Et notre foi s’occupe du reste.

En vérité, si l’un de vos proches souffre d’un cancer, il ne sera jamais complètement honnête avec vous au sujet de son expérience, pour la simple et bonne raison qu’il essaiera toujours de se montrer fort et résistant.

Pour votre bénéfice.

Néanmoins, s’il pouvait être totalement honnête avec vous et se montrer vulnérable, voilà ce qu’il vous dirait:

1. Ne t’attends pas à ce que je t’appelle si j’ai besoin de quelque chose.

Téléphone-moi de temps en temps, et prévoie à l’avance les dates et heures de tes visites. Je sais que tu m’as dit de t’appeler si j’avais besoin de quelque chose, mais demander à quelqu’un de passer du temps avec moi, ou de m’aider à faire ce que je savais faire seule auparavant, c’est assez embarrassant. J’ai l’impression d’être faible et geignarde, et j’ai peur que tu refuses.

2. Laisse-moi faire l’expérience d’émotions réelles.

Bien que le cancer et son traitement peuvent parfois influencer mon humeur, la plupart du temps, je réagis toujours normalement aux événements du quotidien. Si je suis en colère, il te faut accepter que c’est parce que quelque chose m’a énervé, et pas parce que je suis malade. J’ai besoin de faire l’expérience d’émotions réelles, et de les exprimer, plutôt que de les voir minimisées, ou négligées.

3. Demande-moi « quoi de neuf ? » plutôt que « comment ça va ? ».

Parlons de la vie et de l’actualité, plutôt que de nous concentrer sur ma maladie.

4. Pardonne-moi.

Parfois, ma maladie et son traitement feront que je ne me comporterai pas normalement. Peut-être que je serai sèche, abrupte, ou bien encore distraite. Je ne le ferai pas exprès. Ne le prends pas pour toi, et surtout, pardonne-moi.

5. Sois à l’écoute.

Je fais de mon mieux pour rester forte et courageuse, mais par moments, je n’ai d’autre choix que de m’effondrer. Sois à l’écoute, mais ne propose pas de solutions. Une bonne crise de larmes me soulage vraiment de mon stress et de la pression que je ressens.

6. Prends des photos de nous.

Je râle peut-être au sujet des photos, mais un cliché de nous deux peut m’aider à passer un cap difficile. Une photo, c’est le rappel que je suis importante aux yeux de quelqu’un, et que l’on veut se souvenir de moi. Ne me laisse pas te dire « je refuse que tu gardes de moi cette image » lorsque le traitement me défigure ou me rend chauve. Voilà qui je suis, LÀ, MAINTENANT. Profitons ensemble du moment présent.

7. J’ai parfois besoin de rester seule.

Un peu plus haut, je mentionnais à quel point j’avais besoin de passer du temps avec toi, mais maintenant, je te dis de me laisser tranquille. Je t’aime, mais parfois, j’ai besoin d’un peu de solitude. Cela me permet de cesser d’être brave et courageuse pendant quelques instants, et le silence peut m’apaiser.

8. Ma famille a besoin d’amis.

Être un parent est déjà une tâche ardue lorsque l’on est en bonne santé, mais cela devient encore plus compliqué si vous devez jongler entre votre cancer et le quotidien de votre famille. Mes enfants, qui ne sont pas encore suffisamment âgés pour comprendre ce que j’endure, doivent aller à l’école, faire leurs devoirs, faire du sport, et voir leurs amis. C’est là que les après-midis passées chez des copains, et le covoiturage me sauvent la mise. Prenez mes enfants. S’il-vous-plaît.

Mon compagnon pourrait lui aussi bénéficier d’un peu de temps passé avec ses amis. Allez manger ensemble ou jouer au golf. Cela me rassure de savoir que tu es là pour ceux que j’aime.

9. Je veux que tu réduises tes risques de développer un cancer.

Je ne veux pas que tu subisses ce que je subis. Bien que certains cancers surgissent sans prévenir, il ne faut pas grand chose pour empêcher la plupart des cancers de se produire : arrête de fumer, perds du poids, protège ta peau du soleil, et surveille ce que tu manges. Va voir un médecin régulièrement, et demande toujours des examens complémentaires en cas de saignement, de douleur, ou de masses anormales… Bon nombre de personnes vivent des vies longues et heureuses lorsque cette maladie est détectée très tôt. Je veux que tu vives une vie longue et heureuse.

10. Ne considère rien comme acquis.

Profite à chaque instant de la vie. Prends le temps de sauter dans des flaques, de serrer tes enfants dans tes bras, et de sentir le vent sur ton visage. Émerveille-toi de ce monde formidable que Dieu a créé, et remercie-Le pour nous avoir tous réunis.

Bien que je ne Lui sois pas reconnaissante pour mon cancer, je Lui suis reconnaissante pour les médecins et les soins qui me permettent de combattre cette maladie. Et si les traitements cessent un jour de fonctionner, sache que je serai toujours reconnaissante de t’avoir eu dans ma vie. J’espère que tu partages ce sentiment.

source: roadkillgoldfish

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