50 Nuances de Grey se trompe totalement au sujet du bondage. Cette femme vous explique pourquoi.

- Publicité -

Depuis que 50 Nuances de Grey est devenu un film, je me suis efforcée d’expliquer au public que ce livre ne parle pas du BDSM, mais bien de violences conjugales et sexuelles. De nombreuses femmes tentent d’expliquer que la relation décrite dans le livre relève bien du BDSM, mais en vérité, ce dernier donne du BDSM une bien piètre image.

50 shades fb

La communauté BDSM met l’accent sur la sécurité et le confort. Le consentement est obligatoire, et les partenaires veillent l’un sur l’autre. Après une séance de jeux de rôle, les deux partenaires se réconfortent, afin de quitter cette séance en douceur. 50 Nuances n’inclue rien de tout cela.

Mr Grey impose à Anastasia (une vierge) un ultimatum : soit elle signe son contrat, soit elle part. Sans la moindre expérience (car vierge), elle se fait manipuler par Grey, qui la force à dépasser ses limites, et à accepter les actes violents qu’il lui fait subir comme étant normaux. Occasionnellement, après un acte, il lui en veut d’être bouleversée, mais jamais il ne la réconforte. Il lui fait par ailleurs boire de l’alcool afin d’obtenir son consentement, ce qui, légalement, est un viol. Et à une occasion, malgré l’utilisation par Anastasia de son mot de sécurité, il continue. Cela s’assimile pourtant à une rétractation de consentement, que Christian ignore : cela devient une agression sexuelle.

- Publicité -

Ce n’est pas tout. Effrayée par la colère de Christian, Anastasia commence à lui cacher des choses. Il devient jaloux et irritable. Anastasia est terrorisée. D’après les experts, le comportement d’Anastasia correspond alors parfaitement à celui d’une femme battue, tel que défini par le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies.

Pour faire simple, ce livre décrit les pratiquants du BDSM sous une lumière totalement négative. Il arrive que des personnes mal intentionnées s’adonnent au BDSM afin d’assouvir leurs pulsions sans craindre de représailles, mais la plupart des pratiquants ne sont pas des personnes abusives, contrairement à ce qu’illustre cet ouvrage.

Le livre donne un aspect romantique et fétichiste à cette violence conjugale, et faire de cette violence quelque chose de sexy et d’amusant est très dangereux pour les femmes. Une femme sur cinq connaîtra une forme de violence conjugale dans sa vie, et voilà pourquoi ce livre est inadmissible. Présenter un tel comportement comme acceptable de la part d’un homme est une chose dangereuse : les lectrices vont être tentées d’essayer le BDSM, sans en connaître les règles, et elles en souffriront.

Loin de moi l’idée de dicter à quiconque ce qu’il doit lire ou non. Mais j’écris ce billet pour souligner à quel point 50 Nuances de Grey est problématique, et pas pour interdire sa lecture. Je sais que de nombreuses femmes (et des hommes) défendent ce roman, sans comprendre qu’il puisse promouvoir les violences conjugales. Et j’espère que les gens finiront par s’apercevoir de ce problème, afin qu’il n’influence pas d’autres personnes.

- Publicité -
×